Recherche  
 vous êtes ici: Accueil  Articles
Thématique
Article

Homœopathie

 Matière médicale
 Philosophie
 Histoire
 Preuves scientifiques
 Divers


Santé de l'homme

 Vaccins
 Bébés
 Alimentation
 Médecines douces
 Divers


Environnement

 Pollution
 Environnement
 Agriculture
 Divers


Santé de l'animal

 Animaux de compagnie
 Animaux de ferme

Calendrier
Consulter la période:





Revue belge d'homéopathie

Actualisation de la théorie des Miasmes

par Dtt Alfonso Masi Elizalde, le 30 Août 2015

L’élévation à la qualité de Loi du Principe Hippocratique de la Similitude, l’Expérimentation sur l’homme sain, La Vérification rigoureusement scientifique de l’action thérapeutique des Doses Infinitésimales et l’Apparition de propriétés pharmacologiques nouvelles par le travail de la Dynamisation dans des substances traditionnellement inertes à l’état pondéral, paraissent signifier pour beaucoup l’essence de l’Homœopathie.
Cependant et sans qu’elles ne perdent rien de leur valeur transcendante ces découvertes extraordinaires, cette expérimentation humaine novatrice, ne sont que les instruments qui ont permis à Hahnemann de fonder les deux piliers monumentaux qui soutiennent le magnifique édifice d’une doctrine médicale originale et vraie : la conception moniste de l’homme et le critère de maladie chronique ou miasme de tout homme.

Dtt Alfonso Masi Elizalde, 1979, Cours de perfectionnement de la Doctrine Homœopathique

Actualisation de la théorie des Miasmes :

L’élévation à la qualité de Loi du Principe Hippocratique de la Similitude, l’Expérimentation sur l’homme sain, La Vérification rigoureusement scientifique de l’action thérapeutique des Doses Infinitésimales et l’Apparition de propriétés pharmacologiques nouvelles par le travail de la Dynamisation dans des substances traditionnellement inertes à l’état pondéral, paraissent signifier pour beaucoup l’essence de l’Homœopathie.
Cependant et sans qu’elles ne perdent rien de leur valeur transcendante ces découvertes extraordinaires, cette expérimentation humaine novatrice, ne sont que les instruments qui ont permis à Hahnemann de fonder les deux piliers monumentaux qui soutiennent le magnifique édifice d’une doctrine médicale originale et vraie : la conception moniste de l’homme et le critère de maladie chronique ou miasme de tout homme.
Depuis plus d’un siècle, les tentatives les plus aventureuses de la médecine traditionnelle pour comprendre la maladie humaine, les écoles psycho-pathologiques modernes, en appellent pour ce monisme comme solution unique de leurs contradictions pragmatiques, mais elles ne peuvent lui faire perdre sa condition de postulat ou d’explication verbale, car il manque l’élément qui permet de le vérifier dans la pratique. Hahnemann, le vrai père de la médecine expérimentale l’affirme péremptoirement : non comme une conclusion sp éculative mais comme le résultat irréfutable de faits cliniques et expérimentaux ; il va même plus loin, car il ne se limite pas à énoncer l’identité du psychisme et du soma, mais de l’énergie et de l’organisme matériel. « L’organisme est certainement l’instrument matériel de la vie dit-il, mais on ne pourrait le concevoir privé de l’énergie qui l’anime avec sa sensibilité et sa volonté purement instinctive, comme de même on ne pourrait concevoir cette énergie indépendamment de lui, par conséquent les deux ne sont qu’Un, bien que dans notre pensée, nous séparons cette unité indissociable en deux concepts pour en faciliter la compréhension ».
§ 15.
Le désaccord invisible pour nous de la force qui anime notre corps ne fait qu'un, en effet, avec l'ensemble des symptômes que cette force provoque dans l'organisme, qui frappent nos sens, et qui représentent la maladie existante. L'organisme est bien l'instrument matériel de la vie ; mais on ne saurait pas plus le concevoir non animé par la force vitale sentant et gouvernant d'une manière instinctive, que cette force vitale ne peut être conçue indépendamment de l'organisme. Tous deux ne font qu'un, quoique notre esprit partage cette unité en deux idées, mais uniquement pour sa propre commodité.




Elle force l’admiration, Messieurs et Mesdames, ces lignes si serrées qui permettent de découvrir, avec peu d’efforts, une intuition géniale des idées physiques d’Einstein, et une approche lumineuse de la pensée philosophique thomiste. Il suffirait pour le premier de substituer le mot « masse » au terme « organisme », et pour le second de supplanter : l’ »énergie » qui l’anime par l’ »âme » qui l’informe.
Ce critère moniste surgit aussi clairement des aphorismes 29,210, 211, 212, 213, 216, 217, 222, 230, 253,, et 255.

§ 213.
On ne guérira donc jamais d'une manière conforme à la nature, c'est-à-dire d'une manière homœopathique, tant qu'à chaque cas individuel de maladie, même aiguë, on n'aura pas simultanément égard au symptôme du changement survenu dans l'esprit et le moral, et qu'on ne choisira point pour remède un médicament susceptible de provoquer par lui-même, non seulement des symptômes pareils à ceux de la maladie, mais encore un état moral et une disposition d'esprit semblables (1).

(1) L'aconit produit rarement, jamais même, une guérison rapide et durable, quand l'humeur du malade est égale et paisible ; ni la noix vomique, quand le caractère est doux et flegmatique ; ni la pulsatille, quand il est gai, serein et opiniâtre ; ni la fève de Saint-Ignace, quand l'humeur est invariable et peu sujette à se ressentir soit du chagrin, soit de la frayeur.

Quant au concept de maladie, ce qui est fondamental, ce qui est antérieur à tout essai de classification, ce qui doit servir de fil conducteur à l’exegèse de la pensée hahnemannienne, c’est de la considérer comme une dysrythmie de l’Energie Vitale et, par conséquent, aussi totale, aussi globale, que l’énergie même, et en conséquence détectée, dénoncée d’abord par tout homme « qui se sent mal », malgré l’apparente perfection de ses organes et de ses systèmes, et ensuite par la symptomatologie de ce qui exprime le mieux l’homme lui-même : son mental, ses affections, ses instincts qui animés de façon disrythmique le posent en disharmonie avec lui-même et avec les autres, pour enfin lui faire perdre son homœostasie, le soustraire ainsi de son intégration, et de son adaptation satisfaisantes aux variations de son habitat.
En l’état actuel de nos connaissances, c’est seulement l’insuffisance de la clinique qui nous empêche de mettre en évidence la perturbation qui existe dans l’intimité cellulaire. Cette perturbation est simultanée à la première sensation de malaise général et qui avec le temps supplémentaire dont l’organisme a besoin pour ses modifications, fera sa preuve dans la lésion de quelque organe signalé peut-être par l’hérédité comme le lieu de « moindre résistance » où se montrera l’atteinte palpable de tout le reste ; la peau lisse et une belle teinte vénusienne du tuberculeux, ne le rendent pas moins malade que son poumon.



Au Congrès International de Buenos Aire en 1971 nous disions : « L’Homœopathie comme doctrine médicale complète et originale atteint son apogée dans le perfectionnement de la théorie des miasmes chroniques, dont Hahnemann a jeté les bases ; à ce sujet nous devons mettre en garde infatigablement contre la tendance tellement commune des homœopathes à se limiter dans leur étude à ce qui est établi par le Maître, mutilant ainsi l’homœopathie de ce qui est plus récent, et de ce qui perfectionne, avec Kent, Allen, Roberts, et fondamentalement Ghatak, le moins connu des grands maîtres de notre discipline. Si nous nous en tenons uniquement à ce que Hahnemann a ébauché à ce sujet, nous n’aurons qu’un essai de classification de diathèses morbides.
Mais c’est avec les auteurs cités que s’illumine le concept et se réalise la découverte qui couronne la doctrine : celle de l’identité de l’attitude de la dynamique morbide, de la personnalité névrotique, de la réaction d’adaptation mentale, de la sensation, de la caractéristique lésionnelle somatique, confirmation même et révélatrice du monisme. »

En effet, celui qui croit qu’avec Hahnemann la doctrine miasmatique a pris sa forme définitive est victime de confusion et tombe dans la tentation d’accuser les maîtres des écoles Kentiennes de distordre la pensée du grand maître, quand il entend dire que la psore ne donne jamais de lésion et que tout ce qui est structuré doit admettre la présence de la syphilis et de la sycose, ce qui est en probable désaccord avec ce qu’on peut relire dans Les maladies Chroniques où l’on peut voir ainsi clairement incriminer la psore responsable de tout type d’entité nosologique autant destructive qu’hypertrophique.
Et bien nous voulons mettre en évidence devant vous l’extension cohérente de la pensée d’Hahnemann, dans celle de ses disciples et c’est ce modeste apport que nous voudrions offrir à ce congrès.
Durant onze longue années d’étude, d’observations cliniques et expérimentales, Hahnemann a rencontré d’abord le point commun à la série d’affections d’ordre destructif dans l’antécédent d’une maladie chancreuse supprimée, et les a toutes considérées non comme des entités nosologiques différentes mais comme les simples manifestations d’une seule maladie chronique ou miasme qu’il appela : syphilis.
Il rencontre d’autres maladies d’ordre hypertrophiques auxquelles il reconnut comme cause la suppression d’une affection condylomateuse, il les considéra aussi comme une seule et même maladie chronique qu’il appela : sycose.
Quant au reste des maladies nosologiques lésionnelles, ni hypertrophiques, ni destructives qui n’admettent pas un antécédent chancreux ou condylomateux, il chercha a les réunir également par un dénominateur commun causal et il crut la rencontrer dans l’éruption semblable à la gale répercutée par divers milieux. A celle-ci il donna le nom de Psore.

Les trois : Psore, Syphilis, et Sycose, seront ces miasmes ou maladies chroniques caractérisées par leur tendance à ne pas guérir spontanément en opposition aux miasmes qu’il appela aigus. Il considéra les maladies aigues totalement indépendantes des chroniques et qu’il distingua par leurs possibilités de guérir par elle-même. Pour toutes, chroniques et aigues, il garde le concept de leur acquisition par contagion ; cependant bien qu’il maintienne que la psore est responsable seulement de toute affection non vénérienne il franchit insensiblement cette barrière et peu à peu il lui concède une hiérarchie qui dépasse sa simple prédominance quantitative. Serait-ce peut-être parce que dans ses méticuleuses observations, il vérifiait son existence comme préalable à tout antécédent chancreux ou condylomateux ? Nous en n’avons pas la certitude, mais Allen nous cite Hahnemann dans une source que nous ne connaissons pas en disant : « Hahnemann a dit que si la Psore n’avait pas été dans l’organisme, celui-ci ne pourrait être affecté par aucune autre maladie, ni la syphilis, ni la sycose.
Mais ce que nous savons c’est que dans son œuvre « l’Esprit de la Doctrine », le Maître nous parle d’une disposition conditionnant l’acquisition de tout miasme aigu ou chronique, la description de cette condition peut se superposer à la Psore.
En bref, quels sont les éléments que nous apporte Hahnemann pour que ses disciples le suivent et le perfectionnent :
1/ Le concept de l’homme comme Unité hiérarchique animée par une force ou principe vital qui en eurythmie maintient entre toutes les parties de l’organisme vivant dans ses activités fonctionnelles et réactionnelles, une harmonie qui force l’admiration et dont la dysrythmie devient la cause de toutes les maladies.
2/ Une classification des différentes possibilités de maladies dans lesquelles seule la Psore acquiert une hiérarchie maximum jusqu’à se convertir en condition sine qua non pour l’acquisition de toutes autres.
3/ Il signale de façon constante l’importance primordiale du moral et du psychisme dans la compréhension de la maladie profonde.
4/ Une contradiction, le maintien du critère infectieux joint à la critique réitérée de tout essai de voir dans la maladie quoique ce soit devenu de l’extérieur étranger à l’organisme agrégé à lui comme matière peccante.

Pouvons-nous nous étonner de ce que dans la logique même du raisonnement ceci porte les continuateurs, surtout Kent, à récapituler en disant : « L’homme pense, désire, et agit ; tant qu’il pense ce qui est bon, ce qui est vrai, ce qui est droit, ce qui est juste, l’homme reste sur la terre libre de toute tendance à la maladie parce que tel était l’état dans lequel il fut créé ». C’est ainsi que Kent et nous le citons parce que tous les autres auteurs qui se sont penchés sur ce sujet ont abondés dans le sens de sa pensée, Kent résume sa conception des miasmes de la manière suivante : « D’abord il y a la pensée déviée ensuite le désir du mal ; pensant mal on arrive au désir, à la convoitise de ce qui n’est pas sien jusqu’à ce que finalement on bascule dans la mauvaise action. Les miasmes qui suivent la Psore ne sont autre chose que les représentations extérieures des actions qui ont résulté d’une pensée aberrante et d’une volonté mauvaise ».
Cependant Kent maintient le critère de contagion, puisque bien qu’il conditionne l’agir à la pensée et au désir, il admet qu’on acquiert la syphilis et la sycose par l’action, par là il cautionne la contradiction hahnemannienne qui pourtant tout au long de sa philosophie considère le germe comme la résultante de la maladie et on comme la cause.
Nous voyons qu’ainsi Kent perfectionne le concept de Psore laissé par Hahnemann ; quant à celui de la syphilis et de la sycocse, il n’apporte rien de plus éclairant.

L’Ecole d’Argentine, depuis ses débuts, eut le sort surprenant de connaître le grand disciple de Kent, l’Hindou Ghatak, celui-ci fignola la conception de la psore jusqu’à la faire culminer dans une clarté lumineuse. « Il y a d’abord despensées perverses, ensuite les actions perverses, et jamais les actions perverses avant les pensées perverses, c’est le mental qui modèle le corps, le corps est en réalité une manifestation concrète du mental, tel est le mental, tel est le corps ».
Et, continue Ghatak, précisant ses concepts sur la Psore comme une suite harmonieuse de la pensée kentienne :
« Le mental psorique est inquiet, jamais tranquille, jamais satisfait de rien, toujours dans le doute. Cette inquiétude se manifeste en plus dans son sentiment et en volonté ».
« L’organisme qui n’est pas antérieurement psorique ne peut recevoir la syphilis ou la sycose. Parce que celles-ci prennent naissance dans la mauvaise action qui provient de la pensée déviée. C’est-à-dire, de la Psore, les actions succèdent à la pensée ». Jusque là Ghatak nous empêche par la clarté de son exposé de conserver le moindre doute au sujet de la Psore. Quant aux deux autres miasmes si diamétralement opposés dans leurs caractéristiques lésionnelles, ne devrions-nous pas admettre chez eux une égale différence dans l’essence même de leur action initiale ? Le désaccord, l’insatisfaction psoriques portent à l’action aberrante, mais où s’enracine la cause de la direction lésionnelle différente de chacun de ces miasmes appelés vénériens ?
Selon Kent et Ghatak le corps, sa forme et sa lésion sont matérialisation du mental. Par conséquent nous en déduisons qu’il doit y avoir une certaine spécificité dans la pensée, déterminant l’action à aboutir à un résultat syphilitique ou sycotique, et en effet, Ghatak différencie l’attitude mental des deux miasmes vénériens.
Il nous dit de la Sycose : « La première et la plus importante de toutes (il parle de l’attitude mentale) est une tendance particulière à faire un secret de tout. Le sycotique est toujours anxieux pour qu’on ne sache pas son propre secret. Ainsi comme il est anxieux pour cacher sa pensée aux autres, il pense que les autres ont la même mentalité que lui, et qu’ils essaient de lui cacher quelque chose. Aussi est-il obligatoirement suspicieux. En second lieu, la Sycose a une tendance à ruminer sur toutes choses ».
De la Syphilis il nous dit : « Elle attaque et implante son mal caractéristique, la destruction, dans la partie la plus subtile de sa victime : son mental ». Et il s’étend sur la description de ses conséquences, mettant l’accent sur la destruction progressive des affects, des instincts, en commençant par celui de la conservation ».
Pour terminer l’énumération des apports de Ghatak à la théorie des miasmes, nous devons signaler que comme une constante il répète tout au long de son œuvre que « La Psore est l’Unique Maladie ». C’est la charge génétique de tout membre de l’espèce humaine, les limites corporelles de son espèce mise en face de son libre-arbitre, cette liberté de choisir ou non d’accomplir le but élevé de son existence.
Quant au concept que La Psore est purement fonctionnelle et que la lésion organique structurée n’est possible qu’en présence de syphylis ou de sycose ou les deux à la fois, concept en contradiction apparente avec la longue liste des affections lésionnelles psoriques donnée par Hahnemann dans ses Maladies Chroniques, il se trouve clairement exprimé dans Allen et réaffirmé par Ghatak. On peut déduire de ce qu’ils disent tous les deux que cette idée a surgi de la pratique d’observation de guérisons d’entités morbides anatomo-cliniques, considérées psoriques par Hahnemann, dans lesquelles le similimum a déterminé l’apparition de l’antécédent chancreux ou blennorragique, soit personnel, soit héréditaire caché, oublié, renié ou méconnu par les patients, critère qui était utilisé par Hahnemann pour la classification miasmatique des entités nosologiques dont souffraient ces malades.
Nous devons signaler cependant que ceci ne doit pas être l’unique explication de cette forme de pansée, car nous verrons de façon concluante qu’indiscutablement il y a de nombreux cas qui malgré une mobilisation correcte de la loi de guérison n’ont pas confirmé l’antécédent vénérien. Ce que nous supposons, c’est que bien qu’ils n’en parlent pas, les classiques ont dépassé inconsciemment la nécessité de l’existence d’un antécédent chancreux ou blennorragique pour établir la classification miasmatique et qu’ils l’ont effectuée grâce à la présence de symptômes sycotiques ou syphilitiques de hiérarchie plus élevée comme pouvaient l’être les symptômes mentaux ou généraux du cas.
Allen dit : « Ce qui est pathologique vient rarement du miasme psorique qui est davantage un perturbateur fonctionnel ». Et plus loin : « Quand la psore est combinée avec la syphilis ou la sycose, c’est alors que nous voyons la pathologie commencer à se développer ».
Enfin il prend conscience de la divergence d’opinion de Hahnemann et l’assume : « Ainsi en étudiant les symptômes qu’il a donné dans son premier volume des Maladies Chroniques nous voyons le miasme mixte dans les symptômes qu’il a classifiés sous le nom de Psore et qu’il appelle purement psoriques ».
Ainsi comme plus haut nous résumions les idées fondamentales de Hahnemann, dont la méditation et le développement arrivèrent jusqu’à Kant, Allen et Ghatak, pour nous apporter une doctrine des miasmes plus complète et plus évoluée que ne nous avait laissé le maître, nous allons récapituler maintenant cette théorie perfectionnée qui fut le grand héritage scientifique que reçurent nos maîtres argentins.
1/ La Psore est le miasme fondamental, son existence conditionne l’acquisition de tous les autres, soient chroniques, soient aigus. Elle consiste fondamentalement en une perturbation de la pensée, consistant dans une insatisfaction à l’intérieur de la loi naturelle qui porte aux désirs de fins en désaccord avec cette loi. Ce manque de confiance dans la vie naturelle provoque des
Manifestations mentales prédominantes qui sont :
L’anxiété, la peur, l’inquiétude, le doute et le désaccord.
Dans le somatique c’est la perturbation fonctionnelle. Les descriptions de tous les classiques montrent clairement une symptomatologie alternante, une variabilité absolue.
La force de la peur, l’insécurité et l’anxiété font du « psorique » un être souffrant qui paradoxalement est le sujet le moins malade sur le plan clinique, puisque jamais il ne se structure en une lésion (définitive). Il se contente de souffrir une affolante alternance entre hyper et hypo fonction.
2/ La Syphilis. Second miasme à apparaître dans l’histoire de l’homme selon Hahnemann et Kent. Elle se manifeste dans le mental par une attitude destructive, tant de la sphère affectivo-instinctive que de l’intellect. Cette destruction des instincts porte le syphilitique à n’aimer ni lui-même, ni les autres, projetant l’auto-destruction dans le désir de détruire, il peut donc se suicider ou tuer. La destruction dans la sphère intellectuelle le porte à la lenteur et à l’imbécilité. Ses lésions organiques se manifestent sous le même signe. Ce miasme s’acquiert par l’action qui suit le désir morbide déterminé par la pensée mauvaise. Action qui porte à la contagion d’une affection chancreuse dont la suppression engendre à son tour toutes les entités anatomo-pathologiques cliniques de signes lésionnels destructifs.
3/ La Sycose : Elle montre une attitude mentale paranoïaque. Le sujet qui la présente subordonne les autres à la réussite de ses objectifs, use du semblable en le mettant au service de ses instincts et de son ambition. Il fait un secret de tout, méfiant de ce qu’il entend, et dans la suspicion il s’imagine que tous pensent et parlent mal de lui. Il est réitératif et obsessionnel. Cela s’acquiert aussi par la mauvaise action engendrée par un désir morbide produit par une malsaine pensée. Cette acquisition se fait par l’intermédiaire de la blennorragie dont la suppression engendre toutes les entités cliniques d’ordre hypertrophique. De même que la syphilis, l’antécédent vénérien peut être personnel ou héréditaire.



4/ L’Histoire pathologique de l’humanité montre une suite chronologique cohérente avec cette forme de pensée. Nette prédominance de la Psore et de ses expressions dans les époques primitives. Violente invasion de la syphilis pendant le Moyen-âge et essor actuel de la sycose.
5/ Les Miasmes aigus qui se caractérisent par possibilité de guérison spontanée. Et bien qu’une lecture superficielle de l’Organon en fasse apparaître quelques uns comme totalement indépendants des chroniques, ils dépendent tous par leur présentation de l’existence de la Psore.

Ces cinq points forment le résumé du concept des miasmes reçut par le noyau initial de l’actuelle Ecole Médicale Homœopathique Argentine : Carlos Fisch, Armando Grosso, Jorge Masi, Elizalde Masi et Thomas Pablo Paschero.

Il est intéressant de noter comme données historiques importantes qui cautionnent ces Maîtres à penser Argentins que cette connaissance doctrinale de grande valeur leur fut apportée en grande partie par le Dr Grimmer Chef de clinique de Kent aux côtés duquel le Dr Paschero a perfectionné ses connaissances homœopathiques, et que celui-ci a à son tour apporté la révolution, par sa discussion et son analyse au sein du groupe d’études mentionné plus haut.

Quel fut l’apport original à la théorie des miasmes de ce cenacle Kentien argentin qui nous a apporté et fut la base de nos propres opinions sur le thème. Nous croyons que fut fondamentales : la prise de conscience et la correction de la contradiction apparente que nous avons signalées et qui se perpétue depuis Hahnemann jusqu’à ses disciples les plus éclairés. La notion de contagion de maladie provenant de l’extérieur, de matière peccante injectée dans la normalité organique. C’est ainsi que nous avons enseigné que la syphilis et la sycose ne s’acquièrent pas par action vénérienne mais par la décision préalable à l’acte qui conditionne la forme de l’action.

Remarquons, avant de continuer, et comme pour justifier que nous maintenons la définition de vénériens pour les miasmes syphilitique et sycosique, que nous considérons l’attitude sexuelle de l’individu comme l’exemple le plus évident de son attitude envers les autres. C’est-à-dire que la manière dont un homme prend une femme, ou une femme séduit un homme, est la manifestation la plus claire de la manière avec laquelle ce sujet considère sa relation « à l’autre ». En conséquence l’homme qui arrive au coït infectant avec une femme qui souffre de syphilis parce qu’il désire en user comme d’un instrument de la nécessité de son affirmation, objectivée dans l’obtention du plaisir égoïste n’attrapera pas de syphilis parce que sa décision morbide, l’objet de son action, est paranoïaque, son attitude mentale sycosique ne le dispose qu’à la contagion blennorragique.
Pour être sensible à la contagion syphilitique, son objectif, son plaisir doivent s’enraciner dans le désir d’asservir cette femme, c’est-à-dire de la vassaliser d’une manière sadique, ou bien dans la nécessité masochiste de se rabaisser en se prostituant.

Pour nous résumer, nous dirons que nos maîtres nous ont enseigné que ce qui est syphilitique ou sycotique l’est avant qu’il y ait un chancre égolytique ou une blennorragie égotrophique, et qu’ainsi sans qu’il sans qu’il y ait nécessairement un coït infectant comme le croyaient les classiques, on peut être syphilitique par quelque acte non vénérien qui signifie haine, rejet, aversion du prochain.
De même on peut être sycotique (égotrophique), sans aucune contagion sexuelle par n’importe quelle attitude envers « les autres » qui montre qu’on en use à son propre profit avec une totale indifférence affective, parce que, nous le répétons, ce qui détermine l’existence de tel ou tel miasme dénommé autrefois vénérien. C’est la décision qui suit la mauvaise pensée et le malsain désir d’agir dans tel ou tel sens. Celui qui a un désir dévié et qui a donné une forme mentale figée à ce désir s’implante dans l’attitude qui le manifestera. Celuilà verra dans sa lésion le stigmate correspondant, syphilitique ou sycotique, même s’il a réprimé l’exécution de son action. La lésion organique se « métatstase », se fige quand l’individu persiste dans une de ces deux attitudes.

Nous vous avons rendu compte de l’évolution de la théoriedes miasmes jusqu’au moment où il nous a été donné de la connaître ; Nous savions comment étaient les miasmes, nous cherchions maintenant à savoir ce qu’ils étaient. Nousavons tourné nos regards vers nos malades et aussi comme nous l’avait conseillé Ghatak vers nous-même. Le Maître Hindou nous disait : « Si on n’ouvre pas les yeux et si on ne sent pas la situation par soi-même rien ne peut nous aider. Ainsi qu’avons-nous fait, qu’avons-nous vu ?
Nous avons vu la peur, l’anxiété, l’insécurité, l’absence de défense, l’inquiétude, dans l’antécédent psorique de tout malade ; manque de défense qui le faisait se sentir labile face au milieu, qui engendrait ses peurs variées, et derrière toutes celles-ci se rencontrait la peur de mourir, et plus profondément encore la peur de cessé d’être, de perdre son moi avec la mort. C’était le combat entre l’instinct d’éternité qui habite en nous tous et la question terrifiante que nous pose la mort, de ce que cet instinct peut-être nous trompe, qui nous dit que nous sommes appelés à la transcendance. C’était le désaccord avec notre destin périssable, qui nous portait à la rébellion, rébellion contre la vie, et contre son responsable : Dieu. C’était la recherche d’une défense qui nous protégerait contre ce sort inéluctable : mourir. C’était donc cela la Psore : la conscience d’être périssable dans le temporel, et le doute de l’être vraiment définitivement, d’où le manque de défenses, l’insécurité ; la peur, le doute existentiel ; psorique également cette recherche, sans pouvoir en choisir une, d’une défense adéquate, d’où l’insatisfaction, l’inquiétude. Le manque de confiance dans le support transcendantal de la vie/mort mène à la peur : en face de la peur de cesser d’être, comme devant tout danger, on peut adopter deux attitudes :
« fuir ou affronter ».
La psore ne le décide pas, bien qu’elle essaye l’une et l’autre, aucune ne la satisfait, c’est pourquoi elle varie et alterne constamment sa position, jusqu’à ce qu’elle décide et alors elle se transforme en une attitude vitale figée en syphilis ou sycose.
Syphilis (égolyse) quand elle opte pour la fuite, pour le non affrontement avec la vie, pour la négation de la vie, et ainsi elle détruira ses instincts, et se repliera sur elle-même, elle s’enkystera, pour aboutir à la schizophrénie catatonique ou la fuite maximale et paradoxale qu’est le suicide.
Sycose (égotrophie) quand le sujet se décide pour l’affrontement ; alors que le syphylitique niait la vie, le sycotique niera la mort, construira le grand mensonge de son immortalité, s’installera dans la vie temporelle comme si elle était éternelle. Il subordonnera tout au service du colosse qu’il a décidé d’être, aboutissant ainsi à la paranoïa. Mais dans son subconscient il sait qu’il ment, ar conséquent il devra faire secret de toutes ses attitudes pour que son mensonge ne soit pas découvert. Il doutera de ce que son attitude soit crédible, c’est pourquoi il est suspicieux, et parce qu’il doute il deviendra obsessionnel et réitératif pour s’assurer qu’on le croit.

Ce cadrage miasmatique, cette dynamique miasmatique rencontre sa confirmation dans les formes primitives de la vie, c’est ainsi que le protozoaire pour être imparfait, c’est-à-dire pour être fragile, psorique se voit la nécessité homœostasique de s’adapter au milieu. Nous le verrons fuir du facteur agressif en attitude négative de signe syphilitique ou se projeter en un pseudopode hypertrophique sycotique, attitude triomphatrice face au milieu. Alternance permanente psorique d’essais négatifs ou positifs qui répondent aux variations menaçantes du milieu quand elles se maintiennent dans des limites déterminés. Mais si elles sont supérieures, nous le verrons se fixer dans une attitude, se structurer une défense permanente, et ainsi s’enkyster syphilitiquement ou se diviser dans un souci sycotique de survivance. Quant aux attitudes cellulaires perverses, les dégénérescences, la cytopathologie nous enseigne que ce ne sont pas des attitudes réactives pures comme la destruction ou l’hypertrophie, mais le mélange avec prédominance de l’un ou de l’autre de ces mécanismes primitifs : le défaut ou l’excès.
Nous pouvons parler alors de perversion syphilitique ou de perversion sycotique. Terminons sur l’interaction de l’attitude miasmatique et de la réponse du milieu, qui permet ou non l’apparent triomphe sur le monde du sycotique ou l’enkystement protecteur du syphilitique. Triomphe ou échec de l’attitude défensive fausse qui déterminera selon son importance le changement de l’attitude face au monde, changement de miasme chronique ou éclosion d’un miasme aigu.

Hahnemann nous met en garde contre tout essai de spéculation philosophique, cependant nous pouvons affirmer qu’une fois sa doctrine confirmée par une pratique rigoureuse, Hahnemann lui-même ne peut empêcher que l’esprit doté de raison qui réside en nous se voit obligé de reconnaître que la métaphysique est l’unique explication du drame de l’homme qui motive sa maladie : son éloignement du Dieu miséricordieux et protecteur, éloignement qui le jette dans sa misère existentielle temporelle.

Alfonso Masi Elizalde, Buenos Aire, le 11 décembre 1979


« La dynamique miasmatique » que le Dr Masi vient de nous décrire conceptuellement pourrait permettre à tous les homœopathes qui se perfectionnent par la clinique quotidienne autant que par l’étude théorique de rester dans les chemins tracés par notre maître Hahnemann. Beaucoup d’homœopathes contemporains utilisent le terme miasme éclairé d’une autre lumière. Celle que Masi éclaire ne permet que la présence de deux formes miasmatiques réactives et donc que deux formes de dégénérescence organique. Certains auteurs nomment un plus grand nombre de miasmes chroniques dans leur tentative d’élaboration d’une stratégie plus efficace pour la découverte du remède similimum ; ces miasmes supplémentaires peuvent facilement trouver un classement dans ce schéma décrit dans cet article ci. C’est bien une question de nomenclature qui devrait être plus universelle pour éviter les confusions théoriques.

Note du Rédacteur en chef , Dr Eric Vanden Eynde






© Copyright Homeobel